vendredi 14 octobre 2011

Mac Gyver, sort de mon corps !

mercredi 5 octobre

Isao n'est pas encore bien en forme, avec sa tuyauterie qui déconne, et sa laryngite en plus. Cependant, c'est décidé, on prend la route, pas question de laisser de nouveau Mayumi s'ennuyer comme hier, et de la priver de ses activités pendant 15 jours.

Aucune idée de ce qu'elle a fait à la musique.
Au dessin, elle a reproduit en peinture son rat dessiné au crayon la semaine précédente.
A la gym, je ne sais pas non plus ce qu'elle a fait, mais elle a bien voulu faire le parcours avec moi quand je suis arrivée, et elle a passé les dernières minutes dans mon dos à faire semblant d'avoir disparu, certainement partie rejoindre son renard dans la forêt. Elle m'a vraiment épatée en sautant par dessus les haies les yeux fermés.

Isao, à la gym, n'avait évidemment pas trop envie de participer. Mais il a quand même bien voulu aller sur les tapis, pour jouer avec moi, à me grimper dessus, à nous câliner.
Après, il était tout fatigué. Comme nous avons un temps mort, je nous ai trouvé une salle tranquille et j'ai voulu le coucher sur mon manteau, tant pis si on devait rater la musique. Mais, gorgé de lait, il a été pris d'une quinte de toux et a ... tout vomi. Génial. Mon manteau est foutu. Et bien entendu je n'ai pas d'habits de rechange pour lui. Il avait quand même son manteau doublé de polaire, et les dames du centre ont fouillé dans leurs habits trouvés, lui ont trouvé un pantalon et une veste ... en taille 8 ans. Si. Il avait une sacrée allure !
Bon du coup, il n'a pas dormi. On a été à la musique. Il a fait toute la séance dans mes bras, debout, a juste écouté, et d'ailleurs il fredonne la chanson d'introduction, qu'on reprend souvent à la maison. Il n'a quand même pas pu s'empêcher d'aller chercher les petites marionnettes à doigts quand ce fut le moment.

Retour à la voiture.
Mon petit est malade, engoncé dans des habits dix fois trop grands et tout roulottés.
Ma grande a très faim.
Je n'ai plus de portable. Le Prince m'a prêté le sien mais pas moyen de le mettre en route.
Et pourtant, il faudrait, car ... la voiture a un sérieux souci, elle perd du liquide de je ne sais trop quoi, beaucoup de liquide, elle a du mal a redémarrer aux feux, et sa trajectoire est incertaine dans les rond-points. En plein Amiens bien évidemment.

Je réussis à arriver jusqu'au centre de loisirs. Prenons les choses dans l'ordre. Nourrir Mayumi. La conduire. Téléphoner de là-bas. Le Prince répond pas. Manger. Donner à manger à Isao. Retenter, longtemps, de démarrer ce foutu téléphone. Enfin.
Je fais tout ce que dit le Prince, les niveaux, accélérer, freiner, embrayer, décrire tout ce qui s'est passé. M'énerver aussi.
Avec bien sûr Isao dans les pattes.
Et enfin, enfin, après bien des tentatives, des questions, des éliminations ... je peux jouer à Mac Gyver. C'est une fuite de carburant, ça a fait patiner une courroie et c'est aussi pour ça que ça démarrait mal.
Je remets en place un tuyau, retente d'accélérer sur place, ça pète, ça gicle. Toujours avec Isao. Je remets encore le tuyau. Je vais jusqu'à Igol. ça a encore pété, il n'y a plus de carburant dans le réservoir, la réserve clignote, tout est déversé sur le trottoir. Isao a patouillé dedans. Séance nettoyage dans les toilettes de l'usine. Ils me donnent un rouleau de scotch, je bricole un truc pour que ce foutu tuyau tienne enfin. Reséance de nettoyage. Et on tente, au moins d'aller jusqu'à la station de carburant. ça tient ! ça tient !

Au centre Mayumi n'a rien raconté du tout. Que jouer au ballon. Elle a quand même retenu le nom d'une nouvelle copine : Lulu.
Comme à notre habitude, on a ensuite joué tous les trois sur le parking avant de reprendre la route. En essayant quand même d'éviter l'immense flaque, et les traces d'aller et retour qu'on a laissées tout à l'heure.
Ils sont allés se coucher tous les deux tout de suite en rentrant, sans même manger.

pleurs et souffrances

lundi 3 octobre

La semaine avait pourtant bien commencé, avec une belle petite liste pour Mayumi :

- les Barbie, longtemps, elle a réussi à installer toute seule le porte-bébé sur le dos de la Barbie
- le magazine les belles histoires, et surtout le petit théâtre à monter qui va avec, pour rejouer les scènes de grand-mère sucre et grand-père chocolat
- et d'autres lectures encore : un peu le magazine pomme d'api, puis madame bonheur et la sorcière
- le dessin pour Laura, et le collage d'autocollants pour décorer l'enveloppe ( "je choisis celui-là, il est tout pin-up" ????)

Ensuite, on a été un peu au magasin du Prince,
Il avait mis dans une boîte un papillon mort pour que Mayumi puisse l'observer, ses petits poils sur le corps, sa trompe, ses 6 pattes
Je lui ai fait une étiquette "aime", et on s'est amusées à faire ses premières phrases, avec quelques mots qu'elle connaît archi-bien : papa aime Mayumi, Mayumi ai me papa, papa aime ushuaïa, ushuaïa aime Isao .... Pas mal de bêtises donc, mais c'était rigolo. Puis elle a construit "papa aime igol" et elle les a déposés dans l'ordre sur sa chaise pour qu'il les voit en venant s'asseoir. (igol, c'est une marque d'huiles pour les voitures)
On a un peu laissé tomber cette méthode, au sens où l'on n'y avance plus beaucoup, mais elle reconnaît encore pas mal des mots qu'elle avait choisis. Maintenant, on est plutôt dans les alphas.

Une journée normale donc, et puis, j'ai emmené Isao chez le médecin pour son contrôle technique. Et pour une toute petite laryngite de rien du tout.
Sauf que. Sauf que le bon doc s'est étonné du fait que l'on ait pas encore commencé à décalotter notre chiant. Ben, la dernière fois qu'on est venu, il nous a rien dit. Bon, alors il m'explique les stats, c'est un médecin qui aime bien les stats, et moi aussi. En gros, on a à peu près une chance sur deux que ça se fasse tout seul, c'est pour ça qu'il y a plein de pédiatres qui ne le font plus. Mais on a aussi une chance sur deux que ça se fasse pas, et qu'il faille ensuite consulter un urologue, et ça c'est pas chouette. 50/50 donc. Mais je suis pas préparée à ça, on en n'a pas parlé, on n'a pas réfléchi. 50/50. Alors comme je fais confiance généralement à mon médecin (il ne se gène pas pour critiquer les vaccins, il lit "prescrire", ce sont des signes), je décide de le suivre. Lui pense qu'il faut aider Dame Nature, que d'ailleurs on fait ça depuis des millénaires. Des millénaires ? ça, ça me parle, ce n'est pas comme deux siècles de position gynécologique pour accoucher ... Notons quand même que depuis des millénaires on fait aussi pas mal de conneries, Michel Odent aime à dire qu'il a fallu attendre les années 60 pour prendre conscience scientifiquement qu'un nouveau-né à besoin de sa mère. Mais bref. Revenons à notre pénis. Je décide donc de suivre le médecin, et c'est là qu'il a cette petite phrase, petite phrase qui aurait dû alerter mon alarme interne : "normalement, on applique avant une pommade anesthésiante". Mais, alors, il suffisait d'en prescrire, on serait revenus le lendemain, ... Mais non, je ne réagis  pas, je le laisse toucher à mon petit, qui hurle. Je le lui reprends, je ne suis même pas sûre qu'il avait fait tout ce qu'il voulait. Je le console, il se calme. Fin du premier épisode.

Je vais rechercher ma grande. Je suis encore choquée. Le Prince tombe des nues lui-aussi.
On rentre, les enfants jouent dehors jusqu'au coucher du soleil.
Puis, Isao passe pas mal de temps avec tous les albums des monsieur et madame.

Et quand même, pour ceux qui ont suivi, les résultats du contrôle technique :
9kg590 / 78 cm

mardi 4 octobre

Épisode 2
Isao a passé toute la nuit à hurler parce qu'il voulait faire pipi. Hurler. Mais sa couche est restée sèche.
Le matin, on l'a mis d'office sous la douche avec papa, pour que vraiment il soit obligé de se lâcher, avec forces larmes.
Et voilà, tout est dit pour cette journée.
Pleurs et souffrances pour Isao.
Ennui pour Mayumi, vu que je ne peux pas correctement m'occuper d'elle.

Alors merci la télé, avec un épisode d'ushuaïa (l'esprit de la forêt), puis les aristochats.
Elle n'a pas fait grand chose d'autre, la pauvre ...
aligner toutes les princesses à condition qu'elles aient un havit vert (green party = fête verte)
feuilleter des tas de bouquins
écrire des lettres à l'ordi
enfiler des perles
...

Dans l'après-midi, je ne sais plus quoi faire, ni pour l'un ni pour l'autre. Je les mets dans le bain.
ça a eu l'air de faire du bien à Isao, qui a passé une meilleure fin de journée, même si ça lui était toujours difficile de faire pipi.
Et que le soir venu, ce furent de nouveau des hurlements.

mercredi 12 octobre 2011

un week-end d'été

samedi 1er et dimanche 2 octobre
Je monte réveiller Mimi : je la retrouve dans la même position que les bébés photographiés par Anne Geddes.
Ce brave doudouchaud a repris du service, chauffé au micro ondes.
J'apprends qu'une femelle poney est une "poneyse" selon Mayumi. Il y a un tout petit poney dans le jeu (d'ailleurs depuis lors on ne le retrouve plus et c'est un drame), si petit parce que "il est né pas".
Elle joue aussi avec ses barres aimantées, et découvre qu'un tissu entre deux barres n'empêche pas le magnétisme.
Mayumi va au judo, il y avait aujourd'hui Clémence, son ancienne copine de crèche !
Avec Isao, je vais à la salle du conseil municipal pour une réunion de l'association : Isao a bien joué avec la ferme amenée par une petite fille, et il a aussi empoigné un énorme drapeau (ceux des commémorations) et a commencé à marcher avec : digne descendant de son pépé porte-drapeau !


L'après-midi, on décide d'aller tous en famille du côté de la rivière. Ils ont tous les trois été tremper les pieds, les deux enfants jambes nues. Mayumi était angoissée par le tout petit courant qui emportait le ballon. L'eau était fraîche : Isao relevait les pieds très haut dès qu'on voulait l'y poser ! Mais finalement il s'est rendu compte que c'était quand même bien tentant de jouer à mettre des cailloux dans le seau, alors il a consenti à se mouiller les roupettes.

En rentrant, Mayumi et le Prince ont joué au football, mais elle ne respecte pas bien les règles ... Elle parlait en criant tant elle était excitée, revenait sans cesse vers la maison pour consulter une "liste" imaginaire et recourait aussi vite à l'autre bout de la cour. Elle parlait soi-disant anglais, façon yaourt, on a quand même compris "I love you d'is love", un probable mélange entre "I love you" et "all you need is love".

Dimanche matin : et si on allait à la mer ?

Direction Ault. J'apprendrais ensuite que mon papa y allait souvent. C'est un très bel endroit, sauvage. On est arrivé à marée basse. patouille dans le sable mouillé, le cul dans les vaguelettes, arrachage de bigorneaux à leurs rochers (car les bancs de sable sont entourés de rochers). Pipi debout dans la mer (devinez qui ?)
D'ailleurs, en parlant de pipi, il n'a pas arrêté de me faire pipi dessus dès que je le mettais au sein. Pourquoi aujourd'hui, spécialement le jour où il n'avait pas de couche ? Il ne fait pas ça d'habitude, je le sentirais ...
Marée basse certes, mais montante, et c'était les grandes marées. On est donc restés deux heures à la plage, on n'a pas vu le temps passer d'ailleurs, mais on a passé notre temps à déplacer nos affaires de plus en plus près des falaises.

Puis on a été pique-niquer au square en haut des falaises. Un monde fou ! On n'a pratiquement pas vu Mimi : tout le temps dans la file d'un toboggan avec toute une tripotée de gosses.
Zaw aussi a bien gambadé.
Ensuite on a refait un peu de route pour qu'il s'endorme.

Et on est retourné à la plage, marée haute cette fois, dons au pied de la falaise, et aïe, dans les galets. Dur dur de marcher, mais on a quand même bien aimer, avec Mimi, avancer assez loin dans l'eau, et ne plus bouger, juste sentir la force des vagues nous raffermir la couenne.

Re-square pour le goûter : parcours athlétique cette fois.

Ah oui ... et aussi, Mayumi n'arrête pas de dire "la vache !"