dimanche 18 septembre
Chez Chantal et Jano, on aime bien y aller parce qu'on mange tout le temps du poisson, et on adore le poisson, et parce que tat cuisine bien en général, sa mousse au chocolat vient de monter sur mon podium interne.
On aime bien y aller aussi parce que les enfants (en général, puisque c'était la première fois qu'Isao y mettait les pieds) sont bien accueillis. Ils ont le droit de toucher, et Isao ne s'en n'est pas privé. La poubelle de la cuisine a vu du pays grâce à lui, la boîte de cd a apprécié de voir sa routine chamboulée, le grand vase fut arrosé de crayons de couleurs ... En plus, tata a découvert son petit faible pour les raisins.
Quant à Mimi, qui préfère dire "bonjour" que de faire un bisou, elle s'est vite laissée amadouée, charmée. Elle a collé aux basques de Chantal tout l'après-midi, lui tenant la main, réclamant ses bras, lui faisant la conversation, admirant le goutte-à-goutte de son café qui passe.
Pis tata a sorti la boîte de couleurs, pour que Mayumi puisse dessiner le ciel ("c'est pas violet le soleil ... "oui, mais c'est juste un dessin, je fais comme je veux"), recouvrir une feuille de bleu (la mer) et me demander d'y faire nager une baleine (pauv' bête), et les beaux livres plein d'images de leur fiston, qui n'attendent que ça d'être feuilletés, et un pot de confiture de mûre, puisqu'elle a réussi, elle.
On aime bien y aller pour prendre des nouvelles des uns, des autres, de leurs petits enfants américains, voir des photos - des très vieilles, des toutes récentes - des vidéos de kung-fu.
Et on a encore plus aimé aujourd'hui parce qu'on n'avait rien d'autre à faire que d'être là, pas d'autre visite à faire, d'autres personnes qui nous attendent. Juste prendre le temps de profiter du plaisir d'être ensemble.
Pis, comme c'étaiy quand même les journées du patrimoine, on s'est motivés à quitter cette douce torpeur pour voir le monde.
D'abord, le calvaire, la fierté de Jano. Mimi s'est fait expliquer une bonne quinzaine de fois "ça veut dire quoi noyé", elle a suivi les explications sur les maquettes de bateaux, les bouées, les plans au mur, les listes de noms. Elle a fait le tour du blockhaus (nous revoilà partis sur la guerre), est montée dessus, a regardé du haut de la falaise, a pris le vent en montant à l'étage, a bien compris l'enjeu du calvaire, en profitant de ce cours panoramique de géographie.
Et après, la fête de le beurière. Le petit musée, les lits d'enfants dans les placards, ou dans les tiroirs tout le temps qu'ils étaient emmaillotés (hein Zaw ?), les géants Zabelle et Batisse qui dansent, les belles coiffes en dentelle, les tissages de corde, les escaliers étroits, le bateau qui va partir en solitaire, les danses folkloriques, Isao qui attrape mes deux pouces pour m'encourager à les applaudir.
Et le retour. La pluie, qui nous a fait le plaisir d'épargner la journée, les essuie-glaces que Mayumi ne se lasse pas de voir faire leurs allers-et-retour, les nuages blancs, partout, de toutes les sortes et formes, qui donnent le tournis et qui me font toujours penser à l'avenir, quand ma fille sera grande et qu'elle marchera dessus.
La boîte avec toutes les nomenclatures de Bretagne, une jolie collection déjà, plusieurs dizaines, qui permet de passer le temps.
Et ancore à la maison, avant de se coucher : le fameux puzzle de la ludothèque, encore, encore et encore, et aussi dessiner un escargot.
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